Avec son slogan choc, « Va chier », la dernière campagne de la Ligue Contre le Cancer, mettant en scène des personnalités pour sensibiliser au cancer colorectal, a pu déranger. Et c’était le but recherché afin d’inciter les personnes de plus de 50 ans à se faire dépister. Car chaque année ce sont plus de 17 000 personnes qui décèdent de ce cancer alors que le dépistage rapide, gratuit et simple permet de sauver de nombreuses vies. Aujourd’hui, seules 33 % des personnes ciblées l’ont effectué. Et vous ?
Une phrase choc, des personnalités (Franck Dubosc, Kyan Khojandi, Mademoiselle Agnès…), la ligue Contre le Cancer a frappé fort pour interpeller sur l’importance du dépistage après 50 ans. Et pour cause : le cancer colorectal, ou cancer du côlon et du rectum, l’un des plus fréquents en France, constitue la troisième cause de décès par cancer en France. Il touche chaque année plus de 47 500 personnes (le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes après le cancer du sein et le troisième chez les hommes) et cause près de 17 000 décès par an. Dans plus de 80% des cas, il provient d’une tumeur bénigne qui évolue lentement et finit par devenir cancéreuse.
Détection précoce : une guérison dans 90 % des cas
S’il est détecté tôt, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10. Dépister ce cancer est désormais plus facile grâce au test immunologique. Il s’adresse aux femmes et aux hommes âgés de 50 à 74 ans, invités par leur CPAM tous les 2 ans à réaliser un test simple. Se faire dépister régulièrement permet de détecter la maladie à un stade précoce de son développement, voire de détecter et de traiter des polypes avant qu’ils n’évoluent vers un cancer
Le test immunologique est conçu pour rechercher la présence de sang dans les selles, invisible à l’œil nu, mais potentiellement révélateur d’un polype ou d’une tumeur.
Ce test ne permet pas de diagnostiquer un cancer, mais il repère une anomalie suffisamment tôt pour permettre des examens complémentaires (comme une coloscopie) et, si nécessaire, une intervention préventive.
Un test pris en charge à 100 %
Le test de dépistage est totalement gratuit pour toutes les personnes de 50 à 74 ans. Si vous êtes dans cette tranche d’âge, vous recevez tous les deux ans un courrier de l’Assurance maladie qui vous permettra de retirer un kit de dépistage auprès de votre médecin, de votre pharmacien ou en le commandant sur monkit.depistage-colorectal.fr (frais de port pris en charge). Le test à faire chez soi, rapide et indolore, consiste à effectuer un prélèvement de selles à l’aide d’un bâtonnet, à placer ensuite dans un tube hermétique fourni dans le kit. Ce dernier est à renvoyer via une enveloppe T dans les 24 h suivant sa réalisation (jamais le samedi, ni la veille d’un jour férié).
Vous serez prévenu du résultat par un SMS dans les 3 jours après l’envoi du test ou dans les 15 jours par courrier.
– Dans 96 % des cas, le test ne révèle rien d’anormal. Aucune démarche supplémentaire n’est à effectuer.
– Dans 4 % des cas, le test détecte du sang dans les selles. Cela ne signifie pas que vous avez un cancer. Votre médecin vous adressera à un gastro-entérologue afin qu’il réalise une coloscopie. Dans plus de la moitié des cas, malgré la présence de sang, la coloscopie ne décèle aucune anomalie.
La prévention avant tout
Au-delà du dépistage, les autorités de santé rappellent que le mode de vie joue un rôle majeur. Une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes), la limitation de la viande rouge et des produits transformés, ainsi qu’une activité physique régulière contribuent à réduire les risques.
À l’inverse, le tabac, l’alcool et la sédentarité augmentent la probabilité de développer la maladie.
ligue-cancer.net/mars-bleu